Alors qu’il quitte le 17 mai 1748 les côtes nigérianes avec son navire dont lescales sont remplies d’esclaves, John Newton, 23 ans, négrier écossais à la soldede l’Angleterre, (et contemporain de Marivaux), est pris dans une violentetempête et manque de se noyer.
L’un des esclaves lui porte cependant secours et lui sauve la vie...
Estimant avoir bénéficié d’une grâce divine, le repenti consacre le reste de sa vieà Dieu. Il écrit des poèmes à sa gloire dont celui de « L’incroyable grâce » à la mémoire des esclaves qu’il a si honteusement marchandés. Sur une musique empruntée aux chants des esclaves de Calabar, le poème deviendra un cantique célèbre. On le chantera partout, soutenu par l’orgue, la bombarde ou lacornemuse, jusque, de nos jours, dans les stades.
Incroyable grâce,
Comme doux est le son,
Qui sauva un misérable comme moi.
J’étais perdu
mais maintenant
je ne le suis plus
j’étais aveugle
mais maintenant je vois.
« John Newton aurait pu être l’Iphicrate de « l’Ile des Esclaves » de Marivaux,et Arlequin, cet esclave noir au grand cœur.
J’ai alors imaginé un village, non loin de Calabar, où quelques Africains de latribu voisine jettent leurs filets sur des jeunes gens noirs en bonne santé dont ilssavent qu’ils pourront tirer un bon prix. Après les avoir enchaînés, ils lesconduisent au comptoir des Blancs. Sur le vaisseau anglais, les esclaves sonttriés, lavés, parqués et fouettés s’ils se rebellent. Au village, le tam-tam donnel’alerte, mais le bateau anglais s’éloigne déjà. Les esclaves entonnent un chantd’adieu à l’intention des leurs qu’ils ne reverront jamais…
La tempête se lève, le bateau sombre. Arlequin parvient à rompre sa chaîne. Ilsaute à l’eau et porte secours à un homme qui se noie et parvient à gagner à lanage avec lui un rivage d’une île toute proche avec lui. Là, il s’aperçoit qu’il asauvé le capitaine qui l’a arraché à sa terre natale. Il songe à le tuer mais ne peuts’y résoudre. Dès que le capitaine, sous l’influence de Trivelin, reconnaît sestorts, Arlequin pardonne. Celui-ci promet de défendre les droits des noirs dèsson retour en Angleterre. »
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