Biographie de Büchner :

Büchner

La vie de Georg Büchner dessine une trajectoire courte, dense et violente dans l’histoire de la littérature allemande. Spécialiste d’anatomie, pamphlétaire révolté et poursuivi par les autorités, philosophe, auteur de trois pièces de théâtre et d’un récit, traducteur, il a produit une œuvre dont l’intelligence et l’énergie fascinent encore.

Né en 1813 dans le Grand Duché de Hesse, fils de médecin, il fit ses humanités au lycée de Darmstadt où il montra une personnalité et une vivacité d’esprit précoces. Il s’orienta ensuite vers la médecine et les sciences naturelles et quitta sa famille pour poursuivre ses études à Strasbourg. Il y fit la rencontre de la fille du pasteur Jaeglé, Minna qui devint sa fiancée.

En 1833, il revint en Allemagne à Giessen où il suivit des cours d’anatomie et de psychologie. À cette époque, il faisait déjà preuve d’une conscience morale et politique aiguë et s’intéressait de près au mouvement de rénovation sociale saint-simonien et à l’histoire de la Révolution française. Profondément républicain, il s’insurgeait devant le sort des pauvres de la région du Hesse dont les efforts ne profitaient qu’à l’aristocratie et à la bourgeoisie locales. Quoique convaincu du « fatalisme de l’histoire », il s’engagea dans l’action politique en rédigeant un pamphlet très vif pour dénoncer la situation désastreuse de ce peuple. Intitulé Le Messager Hessois, ce texte déplut fortement aux autorités ; Büchner échappa de justesse à une arrestation et trouva refuge chez ses parents. Contraint de taire ses convictions et de ne plus s’exprimer publiquement, il se consacra à l’écriture de sa première œuvre littéraire, La Mort de Danton, face à face entre Danton et Robespierre, mais « l’affrontement […] tourne court ; la tragédie révolutionnaire ne peut avoir lieu : elle se défait devant nous. L’histoire bascule dans la mort et dans la folie ». Cette pièce, publiée dans une version édulcorée en 1835, ne fut créée qu’en 1902 à Berlin. Brecht la reconnaissait pour une des œuvres qui l’avait le plus influencé.

PostHeaderIcon Léonce et Léna

Le prince Léonce s’ennuie ferme à la cour de roi son père, Pierre de Popo. Témoin mélancolique du temps qui passe, marionnette princière au royaume des mécaniques, amoureux des femmes sans en aimer aucune, il refuse cependant d’épouser la princesse que son père lui destine et s’enfuit vers l’italie avec Valério, compagnon de fraîche date, autre oisif, vagabond philosophe.

Mais Léna, autre princesse fantoche victime de la machinerie impitoyable du pouvoir, a choisi elle aussi de fuir ce mariage arrangé avec la complicité de sa fidèle mais illuminée gouvernante.

Fiancés malgrès eux, Léonce et Léna se rencontrent sans le vouloir et incognito dans une auberge. La nuit décide de leur avenir. Amoureux par hasard, ils s’épousent dès le lendemain, ignorant leurs identités respectives. Ils apportent ainsi involontairement une heureuse conclusion au projet royal. Se croyant mannequins d’un jour, ils se figent pour l’éternité…