C’est en recherchant l’origine du cantique Amazing grâce, entendu par hasard, que j’ai découvert le personnage de John Newton, négrier écossais à la solde de l’Angleterre, contemporain de Marivaux, et dont l’histoire est étonnante.
Alors qu’il quitte le 17 mai 1748 les côtes nigérianes avec son navire anglais dont les cales sont remplies d’esclaves, ce jeune capitaine sans scrupules, alors âgé de 23 ans, est pris dans une violente tempête et manque de se noyer. L’un des esclaves lui porte cependant secours et lui sauve la vie. Estimant avoir bénéficié d’une grâce divine, le repenti consacre le reste de sa vie à Dieu. Il écrit des poèmes à sa gloire « Onley hymnes » publiés en 1779 dont celui de « L’incroyable grâce » à la mémoire des esclaves qu’il a si honteusement marchandés. Sur une musique empruntée aux chants des esclaves de Calabar, le poème deviendra un cantique célèbre. On le chantera partout, soutenu par l’orgue, la bombarde ou la cornemuse, jusque, de nos jours, dans les stades.
Incroyable grâce,
Comme doux est le son,
Qui sauva un misérable comme moi.
J’étais perdu
mais maintenant je ne le suis plus
j’étais aveugle
mais maintenant je vois.
Il m’a semblé évident que dans L’Ile des Esclaves de Marivaux, John Newton aurait pu être Iphicrate et Arlequin, cet esclave noir au grand cœur.
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